Diabète et grossesse en France

Grossesse : les effets délétères du diabète confirmée par une vaste étude incluant plus de 700 000 naissances

Diabetologia DOI 10.1007/s00125-017-4206-6.
*C. Billionnet, D. Mitanchez, A. Weill, J. Nizard, F. Alla, A. Hartemann, S. Jacqueminet : Gestational diabetes and adverse perinatal outcomes from 716,152 births in France in 2012.

Le diabète gestationnel présente des risques accrus de complications pour la mère et son enfant à la naissance selon une étude réalisée à partir d'une large cohorte en France.

Afin d'évaluer avec précision les effets du diabète pendant la grossesse, la Caisse nationale de l'Assurance Maladie des travailleurs salariés (Cnamts) et des équipes des services de néonatalogie de l'hôpital Armand Trousseau et de diabétologie et d'obstétrique à l'hôpital Pitié-Salpêtrière (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) ont mené une étude en utilisant des données sur la mère et sur l'enfant pour la première fois à l'échelle nationale. Cette maladie est en effet susceptible de toucher un nombre croissant de femmes en raison de l'augmentation de la prévalence du surpoids et de l'obésité ainsi que du recul de l'âge de la maternité, autant de facteurs de risques de développer un diabète durant la grossesse. 796 000 accouchements en France en 2012 ont ainsi fait l'objet d'une analyse à partir des bases d'informations du PMSI et du Sniiram. Ce travail, publié dans Diabetologia * le 16 février, recense 7 femmes sur 100 chez qui un diabète a été diagnostiqué durant la grossesse en 2012.

Le diabète diagnostiqué durant la grossesse recouvre deux formes différentes : il peut s'agir d'un diabète réellement apparu au cours de la grossesse, généralement au deuxième trimestre, et disparaissant dans le post-partum, avec un risque de développer un diabète de type 2 plus tard dans la vie. Ou il peut s'agir d'un diabète antérieur à la grossesse (en grande majorité de type 2) mais méconnu jusque-là, découvert à l'occasion de la grossesse et persistant donc après l'accouchement.
Ainsi, à partir des cas de diabète identifiés dans l'étude, un sous-groupe a été constitué en excluant les femmes dont le diabète a duré plusieurs mois après la période de post-partum. La création de ce sous-groupe a ainsi permis d'obtenir des résultats fiables concernant les complications de la seule forme « diabète dit de grossesse ».

L'étude de l'AP-HP et de la Cnamts confirme que les femmes ayant développé un diabète durant leur grossesse ont un risque accru de complications périnatales par rapport à celles sans diabète : les mères avec un diabète gestationnel accouchent par césarienne dans près de 28 % des cas, versus 20 % des femmes sans diabète. Les accouchements prématurés surviennent chez 8 % des femmes ayant un diabète gestationnel contre 6 % des femmes sans diabète. La pré-éclampsie apparaît chez 2 % des femmes avec un diabète gestationnel versus 1 % des femmes sans diabète. Pour le nouveau-né, le risque de malformations cardiaques à la naissance est 1,2 fois plus élevé que celui observé chez une femme qui a une grossesse sans diabète. De plus, l'étude montre que la fréquence des complications s'accroît encore lorsque le diabète est sévère, nécessitant le recours à l'insuline. Dans ce cas, un tiers des accouchements se fait par césarienne et 9 % survient prématurément. Enfin, les nouveau-nés ont un risque multiplié par 2 d'avoir un poids de naissance particulièrement élevé.

Ce travail confirme donc l'importance du dépistage du diabète pendant la grossesse tel que recommandé actuellement par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) chez les femmes qui présentent des facteurs de risque comme un surpoids, une obésité, un âge supérieur à 35 ans, des antécédents familiaux de diabète, des antécédents obstétricaux de diabète gestationnel. 

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